"Ce livre d’Adrien Bosc reconstitue le passage de la philosophe Simone Weil en Espagne au début de 1936, à partir de très peu de ses propres écrits mais de nombreux témoignages de ceux qui l’ont côtoyée durant ces quelques mois marqués par son engagement et par l’accident qui l’obligea à quitter le front après s’être gravement brûlée. Le récit s’appuie notamment sur une lettre admirable adressée à Bernanos, qu’il conserva toute sa vie aux côtés de celle d’un évêque, preuve de l’impact qu’elle eut sur lui au moment où, après avoir cru devoir soutenir Franco, il rompait radicalement avec ses convictions initiales pour dénoncer l’inhumanité de la guerre civile espagnole. On y retrouve l’écho de cette phrase terrible, « Pire que la férocité des brutes, il y a la férocité des lâches ». C’est un court ouvrage, aujourd’hui disponible en poche, d’une grande intensité morale et intellectuelle, qui m’a fortement impressionné."