"J’ai été frappé par l’importance du dégagisme et du négativisme dans la polémique politique autour du coût des retraites des fonctionnaires. Il est parfaitement exact que ces dépenses, bien que présentes dans les budgets des différents ministères, n’ont pas été identifiées comme telles dans le chiffrage global. Je comprends donc le constat qui a été fait sur leur sous-estimation. Mais il est extraordinaire que ceux qui dénoncent aujourd’hui cette dissimulation soient souvent les mêmes qui nous expliquent depuis cinq ans qu’il n’existe aucun problème de financement des retraites et qu’on pourrait revenir à 62 ans, voire à 60 ans. Or cette révélation montre précisément que le problème est encore plus grave qu’on ne le disait. Cette incohérence illustre une forme préoccupante de dégagisme : peu importe la cohérence des arguments, pourvu que ceux qui exercent le pouvoir s’en aillent."