Les brèves

Le livre de l’intranquillité

David Djaïz, créée le 04-09-2022

"J’admire Fernando Pessoa depuis longtemps, mais je n’avais encore jamais lu ce livre dont plusieurs personnes m’avaient assuré qu’il changerait ma vie. Une espèce de journal de bord, où l’auteur prête ses propres propos à plusieurs personnages fictifs. Il y a eu une polémique autour de la réédition récente de ce livre, car outre la nouvelle traduction,ce sont en réalité trois livres de l’intranquillité, car il y a trois personnages, et non un seul. Pessoa est quelqu’un qui a consacré une énergie folle à ne pas être un homme d’action, je ne résiste pas au bonheur de vous le citer : « Le rêveur n’est pas supérieur à l’homme actif parce que le rêve serait supérieur à la réalité, la supériorité du rêveur vient de ce que rêver est beaucoup plus pratique que vivre, et que le rêveur tire de la vie un plaisir beaucoup plus varié que l’homme d’action. Pour le dire mieux et plus directement, c’est le rêveur qui est le vrai homme d’action. »"











Départ de Boris Johnson

Jean-Louis Bourlanges, créée le 10-07-2022

"L’actualité ne m’a pas laissé le temps de lire quelque chose qui vaille d’être recommandé à nos auditeurs, mais je voulais dire un mot de la chute de Boris Johnson. Elle est très intéressante à observer, puisque nous avons là un homme qui a fondé sa carrière et son succès sur un impressionnant mélange de mensonges, de mythomanie, de caprices, de provocation, d’immoralité … Toutes les qualités nécessaires pour gérer ce choix fondamentalement absurde que fut le Brexit. Oscar Wilde disait du mariage que c’était « faire face ensemble à des problèmes qu’on n’aurait pas eus tout seul ». Le Brexit, c’est l’inverse. Boris Johnson n’a pas réussi à faire face tout seul à des problèmes qui ne se seraient pas posés si nous étions restés ensemble. "


Purity

Lucile Schmid, créée le 10-07-2022

"Je vous recommande cette semaine un roman, paru juste avant l’élection de Donald Trump. Jonathan Franzen a écrit un véritable « page-turner », qu’on ne peut plus lâcher malgré ses 700 pages. L’héroïne, appelée Purity, va rencontrer Andreas Wolf, une espèce de double de Julian Assange. C’est une réflexion sur la question des réseaux sociaux, des médias et de la démocratie. On y découvre une Amérique qui n’est pas celle du noir et blanc, où la transparence affichée ne fait que mieux montrer que le secret est partout, et que ceux que tout a l’air d’opposer sont en fait pris dans des interactions complexes. Outre ce style américain si délectable, on y trouve une Amérique complexe, éternelle, telle qu’on l’aime. On voit bien que la question morale ne sert qu’à éviter la complexité de penser le politique. Il y a aussi une vraie réflexion sur le journalisme, avec une figure de journaliste « à l’ancienne », bien plus intéressant que les réseaux sociaux."