"Je recommande le dernier roman de Laurent Gaudé, deuxième tome d’une dystopie entamée en 2022 avec Chien 51. Il imagine le stade ultime de la mondialisation économique : la disparition du politique et le monopole du marché sur la gestion des individus. Un groupe, GoldTex, achète des pays — la Grèce notamment — pour y installer son siège, un État n’existant plus que comme espace d’exploitation. La population y est soumise à une forme d’esclavage moderne, virtuel, sans entraves physiques mais avec une emprise totale. C’est passionnant, parce que l’histoire est folle, presque onirique, mais les détails sont d’une telle concrétude qu’ils rendent crédible ce monde abominable, digne de Blade Runner, au point de faire croire que ce pourrait être notre avenir."